En passant par la Jordanie, avec la relativité
Mais on parle aussi prototaxites et grizzlis.
Bonjour,
permettez-moi de vous souhaiter une excellente semaine en compagnie, aujourd’hui, de tendresse, de petit c, de prototaxites et de cinéastes poilus.
Un grand merci à toutes celles et ceux qui se sont faits les relais de mon travail. C’est très encourageant.
N’hésitez pas à transférer cette infolettre si vous pensez qu’elle pourrait intéresser votre entourage… ou vos réseaux ! (Le premier sujet est toujours accessible gratuitement).
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Bonne lecture !
Aimer en paix
J’ai pris des risques, cette semaine : mon historique de recherche Google sait désormais que j’ai consulté, ce 12 février à 14H03, une sourate du Coran. Cela pour en comprendre la signification. Le verset 21 de la sourate Ar-Rum dit, à propos du mariage : “Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de la mawadda et de la rahma. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent.”
L’idée était de comprendre ce qu’est cette mawadda, et sa pote la rahma. Deux mots qui sont généralement traduits par “affection” et “bonté”, mais dans lesquels il faut voir un sens plus subtil, précise Coran de mon Cœur (je mets le lien car, il faut vous y faire, on est dans le même bateau, maintenant) :
Nous avons tous déjà entendu l’expression “Au début, c’est tout beau, tout rose”. Le terme de mawadda évoque exactement cela ! C’est un amour à la fois intense, passionnel, mais tout en étant sain. C’est la phase “lune de miel” que l’on connaît dans les débuts du mariage.
Cette forme d’amour n’a pas forcément vocation à durer. Il est très courant qu’avec le temps, la passion s’estompe. Ce n’est d’ailleurs pas un mal. Il ne faut pas remettre en question son mariage lorsque l’on sent que la passion se dissipe, car c’est justement là que la rahma prend sa place […].
La rahma évoque également l’amour. Mais contrairement à la passion qu’évoque la “mawadda”, la rahma est un amour durable et bienveillant.
La rahma, c’est aussi l’amour d’une mère à son enfant, au moment même où elle le découvre. Et que fait une mère lorsque son enfant fait une bêtise ? Elle continue à l’aimer, à prendre soin de lui et à s’en occuper. C’est la même chose entre les époux : quelles que soient les difficultés, ils prennent soin l’un de l’autre. Ils continuent à nourrir leur mariage. Il n’y a que la rahma qui puisse produire cet effet-là.
J’ai laissé un peu de longueur parce que c’est joli. Mais le sujet du jour n’est pas d’aider votre couple à durer. Je laisse cela à Raneem Hijazi, une jeune femme “passionnée par les médias numériques, par les enjeux de la jeunesse et des femmes, et convaincue que tout vrai changement commence par la connaissance” telle que la décrit The New Arab.
Depuis la Jordanie, où elle exerce en tant que cheffe de projet au Centre Hikaya pour le Développement de la Société Civile, elle a lancé il y a 4 ans Mawadda, “une plateforme d’information sur la santé sexuelle et reproductive”. Destinée aux femmes, elle a pour caractéristique, plutôt rare, d’être en langue arabe sans pour autant voiler les mots de la sexualité. Car Raneem s’est choisie comme public cible les croyantes, jusque dans les familles conservatrices.
Sur Mawadda (.org, à ne pas confondre avec le .net, un site de rencontres francophone), on peut chercher les réponses à toutes ses questions. Y compris à celles que l’on ne pose pas. Les réponses viennent de professionnels de la santé. The New Arab cite, à titre d’exemple, des sujets “qui vont des conséquences d’une mastectomie sur la vie sexuelle aux signes qu’un mariage est toxique, en passant par les idées fausses sur le préservatif ou la sexualité post-ménopause.”
Mawadda se confronte aux tabous sociaux sans fard, sous forme de contenu multimédia et d’articles. Dans une grande partie de la région arabe, les informations exactes sur la santé sexuelle et reproductive sont limitées, ce qui génère de nombreux mythes. Des mythes que le site déconstruit depuis son lancement en 2022, grâce à un contenu en langue arabe à la fois rare, scientifique et culturellement sensible.
“Le plus gros défi que nous avons eu à relever, c’était d’aborder de tels sujets dans une société conservatrice, de présenter ce que nous avions à dire avec audace mais aussi avec respect”, raconte Raneem.
“Je veux toucher les communautés conservatrices, qui ne discutent pas de ces sujets de façon ouverte”.
Raneem Hijazi, fondatrice de Mawadda.org.
Vous voyez le Charlie Hebdo de Riss ? Pareil, sauf que c’est exactement le contraire : plutôt qu’insulter et railler, d’abord essayer de faire œuvre utile, en gardant à l’esprit la diversité des modes de vie. Attirer et conserver l’attention des personnes que l’on dit vouloir aider. Instruire des femmes élevée dans l’islam rigoriste, dans un monde aux tabous si puissants que, parfois, elles ne savent même pas en quoi consiste une nuit de noces au moment d’entrer dans la chambre nuptiale, comme le raconte une jeune femme de 26 ans (et comme cela a longtemps été le cas dans nos cultures). Taqwa a été traumatisée le soir de son mariage. Il lui a fallu Mawadda pour comprendre qu’elle souffrait de vaginisme, que c’était ça qui rendait ses rapports douloureux et que ça se soignait. En quelques semaines, “sa vie maritale a changé du tout au tout”. Elle n’a pas tardé à faire la promo du site auprès de ses copines.
Une autre utilisatrice, qui a découvert la plateforme “grâce à des amies”, raconte aussi s’être tournée vers celle-ci pour comprendre comment parler à son enfant entrant dans l’adolescence. “C’était difficile au début, mon fils avait le plus grand mal à s’ouvrir à moi sur ces sujets intimes. Mais petit à petit, il m’a fait confiance et nous avons pu discuter sans embarras, quand il a réalisé que je comprenais les changements et les bouleversements qu’il traversait”, dit-elle. Elle aussi, rapidement, a fait la promo de Mawadda auprès des copines.
Pour réussir son pari et faire entrer l’éducation sexuelle au cœur des couples les plus fermés, Raneem Hijazi s’est appuyée sur un art mystérieux, une pratique obscure venue de temps anciens, un art impénétrable : le dialogue dans le respect et la bienveillance, l’écoute. Elle en donne la recette étape par étape.
“Nous avons séduit notre audience parce que nous avons évité les confrontations avec la société, en utilisant un langage approprié, en respectant la vie privée, en ouvrant la porte au dialogue”, se souvient Raneem. Elle a conçu sa plateforme pour être un pont entre science et coutumes, “pour rapprocher ces concepts de la culture locale et des traditions, plutôt que les imposer”.
En trois ans, Mawadda a acquis une audience toujours croissante de plus de deux millions d’abonnés, tous réseaux sociaux confondus. À ce jour, plus de 700 articles et plus de 100 podcasts et vidéos ont été publiés, ce qui attire des milliers de visiteurs uniques de divers pays arabes.
Parfois, ça paraît tellement simple de faire du bien, plutôt que du mal. Vraiment, on devrait en faire une habitude.
Midi à quatorze heures
Comme tout le monde, vous vous demandez souvent si, au fond, Einstein avait raison. Je vous comprends. Pour avoir la réponse à cette question…
Attendez, avant de poursuivre, je vous le dis tout de suite : oui, il avait raison.
Mais comment en être sûr ? Il y a évidemment quantités de recherches, d’expériences, de machines et de machins qui le confirment. Assez peu sont cependant accessibles à nous, pauvres mortels et mortelles. Ce serait bien, hein, si l’on pouvait, là, tout de suite, avoir une preuve sous les yeux, ou la tester par nous-mêmes.
Pas besoin de démontrer pièce par pièce toute la théorie de la relativité restreinte. Un pilier essentiel de l’édifice suffira. Le magazine de technologie et gadgets Gizmodo nous explique que celle-ci, formalisée en 1905, a pour cœur l’absolu de la vitesse de la lumière. Une vitesse absolue qui implique que (comme l’avait pressenti Galilée), toutes les autres vitesses sont relatives les unes par rapport aux autres. Absolument toutes. Elles dépendent de qui les observe, depuis quel point, et donc de la vitesse à laquelle lui-même, ou elle-même, se déplace.
Si vous vous trouvez sur le bord d’une route, et que vous voyez un camion passer dessus à 80 km/h, il vous apparaîtra rouler à 80 km/h, tandis que vous restez immobile. Mais du point de vue du chauffeur, il aura l’impression que c’est vous qui vous rapprochez à 80 km/h. Qui a raison ? Intuitivement, on a le sentiment que c’est le premier point de vue qui est le bon. C’est le camion qui bouge pour de vrai. Mais de fait, la théorie de la relativité stipule que les deux réponses sont correctes.
Évidemment, c’est résumé à gros traits. On pourrait illustrer la cascade de conséquences qui découlent de cette observation en parlant des rayons du soleil, des trous noirs et du Big Bang, mais imaginez plutôt un camion.
Tous les référentiels se valant et, comme le disait Galilée, “le mouvement [étant] comme rien” (si vous êtes à une vitesse stable, pas en phase d’accélération ou de freinage, tous les objets se comportent comme si vous étiez à bord d’un engin immobile —ce qui explique d’ailleurs que l’on arrive à vivre normalement sur un globe qui tourne pourtant à 107 000 km/h autour du Soleil), il s’ensuit que, si vous sautez depuis ce camion quand il passe la cinquième pour vous retrouver instantanément sur un référentiel parfaitement immobile appelé “le bitume”, vous allez vous casser le nez et peut-être mourir, ne le faites pas.
Mais…
Mais si une bonne âme vous propulse hors de ce camion, à la vitesse exacte de celui-ci, mais dans la direction opposée… vous êtes alors à bord de votre propre référentiel. Les deux vitesses s’annulant (étant dans deux directions opposées), votre vitesse réelle est de zéro —comme le bitume. Dès lors, il n’y a pas de rupture brutale de votre énergie cinétique : vous atterrissez sans problème, en héros et non plus en martyr de la science. Vous devrez encore attendre pour aller tailler le bout de gras avec Albert, où qu’il soit.
Autrement dit, si je vous propose “Je vais te mettre sur un camion, rouler à 80 km/h, t’en éjecter à 80 km/h à bord d’un fauteuil installé dans une catapulte et tout va bien se passer, c’est Einstein qui l’a dit”, vous allez me répondre “Chouette, allons-y !”, n’est-ce-pas ?
Eh bien vous auriez tort, parce que je ne sais absolument pas ce que je fais. En revanche, si l’invitation vient de la Dunking Devils Squad (un groupe de quatre acrobates slovènes célèbre pour avoir testé le plus grand trampoline du monde après l’avoir suspendu à une grue —“l’impression de flotter à 40 mètres en n’étant séparé du sol que par un mince filet est, franchement, indescriptible”, qu’ils disent), et si vous aimez les sensations fortes, alors n’hésitez plus.
Une vidéo a été tirée de cet exploit. Les trois-quarts, voire les neuf dixièmes (c’est peut-être la même chose, je ne sais pas, je vous l’ai dit je ne suis pas Einstein, moi) sont consacrés à la fabrication du prototype, aux mesures de sécurité et aux tests. C’est pourquoi je vous ai calé cette expérience scientifique directement à son résultat, à 20 minutes 27, pour info.
Alors : franchement, si on vous éjecte à 80 km/h depuis un camion lui-même lancé à 80 km/h, mais dans l’autre sens, comment pensez-vous que ça finit ?
Avec plus de 2 000 performances livrées dans 60 pays depuis ses débuts en 2004, la Dunking Devils Squad a eu le temps de travailler son sens du spectacle. Ces gros allumés originaires de Ljubljana, titulaires de deux records Guinness, ont commencé en s’exerçant aux dunks (sauts en hauteur jusqu’au panier, dans un match de basket) les plus impressionnants, avant de se tourner vers le trampoline (une pratique à laquelle, en 2017, ils ont consacré un parc d’attractions et d’entraînement —le WOOP !— dans leur Slovénie natale). Ils ont donc à la fois le crâne solide et bon cœur.
Je le leur souhaite en tout cas, car la catapulte semble maintenant être devenue leur grande passion. Dans les dernières vidéos de leur chaîne, il s’avère que projeter des humains depuis toutes sortes de falaises et façades peut être un divertissement sans fin.
Célibattant
Vous pourrez laisser ces fanes de carottes aussi longtemps que vous voudrez dans le bac à légumes, vous n’obtiendrez jamais une forme de vie aussi exotique que celle tout juste identifiée par le docteur Sandy Hetherington, chercheur associé aux Musées Nationaux d’Écosse et maître de conférences à l’école de sciences biologiques de l’université d’Édimbourg. Contrairement à ce que vous croyiez peut-être, les prototaxites ne correspondent finalement à aucune des catégories de la vie telle qu’on la connaît aujourd’hui.
Les prototaxites s’épanouissaient bien avant l’apparition de l’humain et pouvaient atteindre huit mètres de haut. Les tout premiers fossiles identifiés ont été exhumés à la fin du XIXème siècle, au nord de l’Écosse, dans un dépôt sédimentaire extrêmement riche en vestiges animaux et végétaux du Dévonien (il y a 400 millions d’années). On les a d’abord pris pour des vestiges de conifères décomposés. Au fil des décennies, on a ensuite pensé que c’était une algue, un lichen ou finalement un champignon, comme le concluait une étude assez décisive de de 2007. C’est en s’appuyant sur celle-ci, mais en l’enrichissant des méthodes d’investigation modernes (ça va vite, l’imagerie spectrale), que Sandy dit non. Les prototaxites ne sont pas des champignons. Mais ce ne sont pas non plus des plantes, ni des arbres.

Il s’agit d’eucaryotes, c’est-à-dire d’organismes pluricellulaires, mais qui ne ressemblent à rien. “C’est bien de la vie, mais pas telle qu’on la connaît. Ses caractéristiques anatomiques et chimiques sont distinctes à la fois des champignons et des végétaux. C’est une branche de l’évolution qui est à part et qui s’est, depuis, totalement éteinte”, insiste Hetherington, au terme d’une étude parue dans Science et intitulée “Les fossiles prototaxites sont structurellement et chimiquement distincts des champignons, éteints ou existants”.
Même Kevin Boyce, professeur à Stanford et auteur de la recherche de 2007 (qui avait déjà exclu la piste végétale) en est convenu auprès du New Scientist :
“Étant donné l’information phylogénétique dont nous disposons désormais, il n’y a aucun endroit où classer les prototaxites dans la phylogénie fongique”, dit-il. “Alors, qu’ils soient des champignons ou quelque chose d’autre, ils sont une expérimentation différente de tout ce qu’a permis la complexité pluricellulaire. Différente au point que, étant aujourd’hui disparue, elle n’a absolument aucun ancêtre en commun avec quoi que ce soit de vivant de nos jours”.
En effet, un peu à l’image de cette espèce de drôlerie qu’on buvait dans une petite taule de Bien Hòa, pas tellement loin de Saïgon, y a pas seulement que de la mélanine, dans un prototaxite, y a autre chose. Et cet autre chose n’est ni de la chitine ni du bêta-glucane —que l’on trouve dans les champignons— mais un autre machin, plutôt une “biomacromolécule à structure polyphénolique”, rappelant un peu la lignite. Le tout étant organisé, à l’intérieur, en tubes, comme les champignons cette fois, mais rangés et organisés totalement d’une façon différente des parois qui tapissent nos moisissures bien-aimées.

En conclusion du communiqué de presse annonçant la grande nouvelle, le docteur Nick Fraser, conservateur en sciences naturelles aux Musées Nationaux d’Écosse, semble décidé à célébrer la découverte comme il se doit, sans oublier d’ajouter un soupçon de chauvinisme dans son mousseux :
“Nous sommes ravis d’ajouter ces nouveaux spécimens à nos collections de science naturelle, qui ne cessent de croître, afin de documenter la place extraordinaire qu’a l’Écosse dans l’histoire de notre monde, depuis des milliards d’années jusqu’à nos jours. Cette étude démontre la valeur des collections du musée, en matière de recherche de pointe, à mesure que les spécimens recueillis sont préservés avec soin et rendus disponibles à la recherche pour être soumis aux technologies les plus modernes”.
Et il s’est empressé de ranger les fossiles de prototaxites dans les rayons du National Museums Collection Centre au nord d’Édimbourg, où vous pourrez dorénavant les admirer. Alors qu’il aurait pu les faire revenir en persillade mais on sait bien que culinairement, les Écossais sont une cause perdue*.
* à part pour le saumon fumé, mais c’est de la triche.
Bien au froid
Le printemps est en approche : pensez à faire un grand ménage dans vos réseaux sociaux. Il est vrai que je m’y prends un peu en avance, mais c’est parce que j’ai trouvé une astuce. On peut remplacer la totalité des influenceurs lifestyle (routines matinales, exercices sportifs et recettes équilibrées) par Groumpf et sa bande, nettement plus convaincants et bien moins prétentieux.
On doit leur découverte au Washington State University Bear Centre, une équipe de chercheuses et chercheurs qui aiment à protéger les ours de toutes tailles et toutes couleurs. En l’espèce, il est question de comprendre les us et coutumes du grizzli d’Alaska. Comme le note la doctorante Ellery Vincent, à la tête du projet avec le biologiste Jordan Pruszenski, la vie est assez rude pour ces bêtes-là. Non seulement il y a fort peu à manger dans cet “environnement extrême” mais, en plus, il n’ont que quelques poignées de semaines pour emmagasiner la graisse qui leur permettra de tenir huit longs mois d’hibernation. Pour savoir comment ils se débrouillent, ils en ont donc endormi une douzaine (sur les 200 à 300 qui peuplent la région) afin de les équiper de colliers munis de caméras vidéo. Celles-ci ont enregistré 17 heures durant, à raison de clips de 4 à 6 secondes toutes les 10 minutes, pendant plusieurs mois.

Alors, comment ça occupe ses journées, un grizzli d’Alaska ? La revue scientifique Phys détaille :
Les enregistrements des grizzlis —dont beaucoup sont partiellement obscurcis par la toison sous leur gueule— les montrent en train de jouer ou se bagarrer avec leurs compagnons, de ronger un caribou, d’avaler des baies, de se reposer sur la berge et de nager dans des bassins, à la recherche de poissons.
[…]
En dépit de leur brièveté, ces clips offrent une rare perspective sur la façon dont ces animaux ont pu prospérer dans la région désolée du versant nord, une zone d’environ 240 kilomètres carrés où ne vivent que 11 000 personnes (dont la moitié à Utqiagvik, la commune la plus au nord du pays, autrefois appelée Barrow).
“Un côté vraiment pratique de ces ours, c’est que quand ils ont trouvé une source d’alimentation, ils ont tendance à manger pendant assez longtemps. Ils passent quasiment la journée à se nourrir, on a donc pas mal de chances de voir comment ils s’occupent réellement”, note Vincent.
La totalité des clips n’est pas en ligne mais on peut en voir quelques extraits ici (je ne reproduis pas la vidéo car les images de la carcasse de caribou sont assez, comme on ne devrait pas dire, “graphiques”).
Une preuve de plus que la vie, quand on veut, ça n’est pas si compliqué. Surtout si l’on aime manger du bœuf musqué, l’une de leur nourriture favorite. Évidemment, avec un nom comme ça, ça a l’air d’avoir un goût un peu prononcé mais ça s’accommode assez bien, dit-on, avec de la genièvre et des mûres polaires, ou encore en chili.
Voire, plus simplement, en burger (mais alors avec beaucoup, beaucoup, d’ail, de poivre et de porridge).

Mais aussi, mais encore
Les infos qui ont failli m’échapper
À bientôt 80 ans, Iggy Pop n’a toujours pas retrouvé son t-shirt, comme le prouve ce nouveau clip, “God’s Lonely Man”. Il s’agit d’une collaboration avec Anna Calvi, en guise d’annonce du prochain disque de celle-ci, Is this all there is ?. À propos de l’ancien chanteur des Stooges, qui ne s’est toujours pas remis de la disparition de son peigne préféré un soir de novembre 1967, la chanteuse et guitariste britannique observe : “Il est déstabilisant, brut et honnête —c’est une force sans pareil.” (SteteroBoard) — Le prix de poésie Miguel Hernández, du nom du poète espagnol mort en 1942 dans une prison d’Alicante, rencontre cette année un succès inattendu avec plus de 1 650 poèmes soumis au jury, de toutes les régions du pays et même du monde (dont par exemple 20 textes envoyés depuis l’Équateur ou 15 depuis la France). Lauréates et lauréats seront publiés dans un recueil des éditions madrilènes Devenir. (Euroweekly News) — À partir du premier mars et afin d’identifier tout contenu susceptible de “discréditer les valeurs traditionnelles”, le ministère de la Culture russe examinera chaque film sorti sans label officiel, y compris ceux déjà disponibles. Ils pourront être amputés de scènes ou tout simplement interdits, physiquement comme sur les plateformes en ligne ou les réseaux sociaux “de plus de 500 000 visiteurs quotidiens”. (The Moscow Times) — Depuis octobre, l’Éthiopie forme des combattants de la guérilla soudanaise dans un camp secret. Selon Reuters, qui s’appuie sur de nombreuses sources, celui-ci serait financé par les Émirats Arabes Unis. (The New Arab) — L’Égypte déploie des drones à sa frontière avec le Soudan et nul ne sait s’il s’agit d’une mesure de protection ou d’un appui plus direct au gouvernement officiel (qu’elle soutient dans sa lutte contre la guérilla soudanaise). (The New Arab) — Recep Tayyip Erdogan a offert une TOGGS (une voiture électrique turque) au maréchal Al-Sisi lors de sa visite officielle au Caire. Les deux pays —qui contrôlent, à eux seuls, cinq mers (la Noire, la Rouge, la Méditerranée, celle de Marmara et la mer Égée) et trois voies de communication internationales (le canal de Suez, les Dardanelles et le Bosphore)— se félicitent d’une coopération étroite, alors que la région qui les entoure redoute, entre autres, une confrontation Iran/États-Unis “qui pourrait attirer des acteurs régionaux dont le Hezbollah libanais, les Houthis du Yémen et les factions chiites irakiennes”. (Middle East Monitor) — Lucas Cho Ayaba, chef des Forces de défense de l’Ambazonie, la branche armée d’un mouvement séparatiste anglophone du Cameroun, arrêté en septembre 2024 en Norvège, a été formellement accusé de crimes de guerre par la Kripos, le service d’enquête criminelle de la police norvégienne. “La Norvège a la responsabilité internationale de faire en sorte que nous ne soyons pas un refuge pour les individus commettant des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité”, a déclaré la procureure Anette Berger. (Jeune Afrique) — Pour fêter les 40 ans du programme “Poems on the Underground” qui affiche des poèmes du monde entier dans le métro londonien, l’autorité des Transports de Londres publie un recueil de poésie inédit et annonce, lors d’une cérémonie de lecture à la station Covent Garden, l’arrivée de 6 nouveaux textes dans les wagons et couloirs souterrains : “Narcissus” de Blake Morrison, “une réinterprétation moderne du mythe grec dans le monde urbain contemporain”, “A short pièce of Choral Music” de Joathan Davidson, “une méditation tendre sur la famille et la sérénité domestique”, “Da Capo” de Jane Hirshfield, “sur le renouveau et les recommencements”, un haÏku de Kobayashi Issa, “dépeignant le seuil fragile entre l’hiver et le printemps”, “Syzygy” de Rachael Boast “explorant les moments où l’on se sent profondément aligné avec le monde” et “Myopie Painter” de Mircea Dinescu, “traduit par Adam J. Sorkin et Lidia Vianu”. La totalité des textes parus depuis 1986 jusqu’à ces derniers peuvent être retrouvés dans leur mise en page originale sur le site Poems on the Underground. (Fad Magazine) — Bybit Eu, la branche européenne de la plateforme d’échange de cryptomonnaies dubaïote du même nom, annonce un partenariat avec l’Open de tennis de Stockholm. Pour Gustav Buder, responsable de la région Nordique au sein de Bybit Eu, “la grande histoire du tournoi, sa forte cote de confiance et son public, dont les valeurs sont la qualité et les engagements de long-terme, en font un associé naturel”. Dès 2026 et pendant trois ans, le BNP Paribas Nordic Open sera donc rebaptisé le Bybit Stockholm Open. (The Laotian Times / Communiqué de presse).
Prochain Jour En Plus, après une petite semaine de repos : lundi 2 mars.
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Merci à Marjorie Risacher pour ses coquillicides impitoyables.








